La PACD à l’Université d’été du CADTM Europe

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Les 28, 29 et 30 juin derniers, des membres de la PACD ont participé à l’Université d’été du CADTM Europe à la Marlagne, Namur (Belgique), un événement biannuel mis en place par le CADTM qui permet à des personnes et des organisations de nombreux pays différents de se retrouver pour se former et débattre sur la dette à partir d’angles différents.

Fondé en 1990 en Belgique, le CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) est un réseau international d’une trentaine d’organisations actives dans plus de 25 pays et 4 continents. Son objectif principal est l’annulation de la dette publique des pays du tiers monde et l’abandon des politiques d’ajustement structurel imposées par le trio Fond Monétaire International (FMI), Banque Mondial et Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Un peu avant la crise, il travaillait également sur la dette publique dans les pays dits du Nord, avec l’objectif final de sortir du système dette actuel, en utilisant l’arme des audits citoyens, et de construire une société socialement juste et écologiquement viable.

Des membres de cette organisation ont participé à la PACD depuis ses origines, tant par la similitude de la thématique que par le travail commun dans le réseau ICAN (International Citizen Audit Network). Les séminaires où intervenait la PACD traitaient de la perspective du genre dans l’analyse du système dette, de la méthodologie pour un audit citoyen et des mouvements sociaux suivants le 15M. Beaucoup d’autres thèmes ont été traités durant ces 3 jours, comme les sauvetages bancaires, les produits financiers, la dette écologique et sociale, les relations entre Troika-Etats, le droit international, la dette au Sud, les expériences latinoaméricaines et la montée de l’extrême droite en Europe.

Notons, dans le contexte européen, quelques différences substantielles avec l’organisation des luttes en Espagne : l’utilisation des réseaux sociaux et des outils de communication, ou l’organisation de forme distribuée qui caractérisent une grande partie des mouvements sociaux dans l’Etat Espagnol contrastent avec des structures organisatrices plus traditionnelles de nombreux autres pays, qui commencent à y être perçues comme peu efficaces (tout comme leur forte ingérence face à la mobilisation de la citoyenneté de base dans la résolution de problèmes sociaux). Il faut aussi souligner le sentiment général de fierté concernant le succès de stratégies créatives à forte incidence, un réel bol d’air frais pour beaucoup de pays qui les observent avec enthousiasme, comme par exemple les Iaioflautas [1] qui mettent en défaut l’image et le fonctionnement d’entités bancaires, ou encore la Plateforme d’Affectés par l’Hypothèque, la PAH. Des personnes de nombreux pays considèrent les mouvements sociaux espagnols comme un exemple à suivre, conscients que leurs structures classiques ont généré des habitudes difficiles à modifier à la base.

Au delà de la diversité des stratégies, on pouvait percevoir plusieurs lignes communes dans les angles d’attaque face à la dette et à la crise bancaire et sociale, comme le rejet frontal des mesures néolibérales imposées par la Troika et la perte de souveraineté des peuples, ou la nécessité d’avancer ensemble vers un changement de modèle économique, productif et social. Ces trois jours ont permis à la PACD de ressentir la convergence de leur démarche avec celle de beaucoup d’autres militants.

1. Collectif composé d’individus de « l’ancienne génération » qui a détourné le terme péjoratif de « perroflautas » prenant pour cible la « jeune génération » qui se mobilise.

 

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